Septembre/décembre 2008

 

 Destination  BURKINA FASO

 Mission SEPTEMBRE/DECEMBRE 2008

 COMPTE RENDU D’ACTIVITE DU VOYAGE

 Participants à la mission : Jacques et Dany RIOU

 Jacqueline FRAISSE

 Table des matières

1/     PLATE-FORME MULTIFONCTIONNELLE.. 3

2/     STRUCTURE POLYVALENTE OU «CASE ». 5

3/     ECOLES. 5

3/a – Zidré A : 431 élèves. 6

3/b – Zidré B : 180 élèves. 7

4/     PRETS. 7

5/     PUITS. 8

6/     POSTE DE SANTE.. 8

7/     ASSOCIATION DE JEUNESSE ET D’EDUCATION POPULAIRE.. 8

8/     BUREAU EXECUTIF. 9

9/     BANQUE DE CEREALES. 9

10/   ECOLE DE DANSE.. 9

11/   CONCLUSION.. 9
 

1/     PLATE-FORME MULTIFONCTIONNELLE 

Ce projet est mis en place et suivi par le Gouvernement, l’ONG TIN-TUA et notre Association.

 

Pour lutter contre la pauvreté, cette plate-forme est destinée aux femmes.

La construction de ce bâtiment était la priorité de cette mission.

 Le plan du bâtiment imposé par le Gouvernement est beaucoup plus sophistiqué que celui que nous avions visité à KOMGLORE en décembre 2007. (Voir compte-rendu de mission de décembre 2007).

Le coût sera beaucoup plus important d’autant que le prix des matériaux a augmenté d’au moins 20% depuis décembre 2007.

La livraison des machines est prévue le 15 octobre. Il ne faut pas perdre de temps.

Lors de sa mission de juillet qui était principalement la plantation d’arbres dans les cours d’écoles, Jacques avait pu faire l’implantation et faire couler les fondations de ce bâtiment.

Comme dans toutes ses actions à Zidré, l’association demande une participation de la population.

Après avoir prospecté à OUAGADOUGOU la capitale pour connaître le prix des matériaux, à son arrivée à Zidré Jacques a embauché 4 maçons et des manœuvres.

2 maçons sont affectés à la construction de la plate-forme, les autres à la structure polyvalente que nous avons baptisée CASE.

Lors de la réunion organisée à notre arrivée il demande que tous les jours à la plate-forme 2 ou 3 personnes viennent aider les maçons dont le salaire est pris en charge par l’association.

Quelques quartiers ont fourni un peu de main-d’œuvre mais trop peu.

Il a également fallu payer le sable et le gravier pourtant faciles à se procurer à Zidré.

Quelques jours plus tard lors d’une autre réunion Jacques explique qu’à cause des grosses pluies le chantier est arrêté. Même les tracteurs agricoles ne peuvent pas livrer les pierres pour surélever le bâtiment.

C’est Nourou le Chef des Peuls qui suggère que le village se mobilise et que chacun amène des pierres faciles à trouver à Zidré.

Dès le lendemain nous assistons à un va-et-vient incessant de femmes aux vêtements multicolores avec des pierres sur la tête. Il y a également quelques adolescents.

Merci à Mr le premier adjoint de la mairie de Garango pour le soutien qu’il nous a apporté en venant parler aux habitants.

A la suite de cette visite le village s’est un peu mobilisé pour transporter les moellons. Fabriqués derrière la case sur un terrain plat il fallait les transporter sur une centaine de mètres.

Les femmes sont toujours présentes pour amener l’eau. Le gros œuvre fini elles ont également amené bénévolement le sable et le gravier. Toujours Elles !

Les récoltes commencent juste, les gens ont faim. Pendant 3 jours l’association a nourri les bénévoles. Nous avons dû arrêter car il n’y avait pratiquement plus de pierres livrées mais beaucoup de monde à nourrir.

Nous avons dû aussi très souvent nourrir les maçons.

De notre vision d’européens, il est parfois difficile de comprendre les réactions des villageois qui ont une vie tellement différente de la nôtre.

Plusieurs explications pour essayer de comprendre le manque de motivation du village :

–          période où ils sont occupés par les travaux des champs,

–          l’information circule mal.

–          ce bâtiment est destiné aux femmes et sera géré par les femmes,

–          les villageois ne se projettent jamais dans l’avenir, même à court terme. L’illettrisme ne leur permet peut être pas de saisir les avantages que va leur apporter cette plate-forme.

Tous ces problèmes ont considérablement ralenti la construction et le coût a été beaucoup plus élevé.

La construction de la charpente métallique a intéressé beaucoup de monde. Au village personne n’avait jamais vu ça.

10 mètres de longueur elle a été entièrement réalisée dans la cour de la case.

Jacques a acheté à OUAGADOUGOU un petit groupe électrogène, une perceuse, de la cornière, une plaque de tôle de 2 m2 et de 6 m/m d’épaisseur et des boulons.

Sa construction a demandé plusieurs jours, découpage et assemblage sont réalisés avec les manœuvres du chantier de la « CASE ».

Le 6 novembre les murs de la plate-forme sont enfin à la bonne hauteur et profitant d’une réunion, 20 hommes l’ont transportée de la Case à la Plate-forme dans une extrême bonne humeur.

Elle a été hissée à bout de bras et de bâtons à 3 mètres de haut.

Cette mise en place a permis de continuer la maçonnerie et enfin la pose de la toiture en tôle par une entreprise de GARANGO.

Il reste un mur extérieur à crépir et tout l’intérieur mais il faut attendre que l’électricien ait fait son travail.

Mardi 18 novembre Jacques et Moussa DARGA (il est chargé par notre partenaire du suivi de la gestion) vont chercher le châssis pour fixer les machines.

Moussa est très inquiet, le glacis est fini dans la salle des machines et il se demande comment fixer le châssis. Il veut absolument que ce soit fait avant le départ de Jacques.qui a prévu la fixation avec des chevilles mécaniques.et des morceaux de pneus comme silentblocs.

Le samedi 29 novembre 3 machines sont livrées :

–     Un moteur diesel de 10 cv,

–     Une décortiqueuse,

–     Une génératrice de courant de 10 KW.

Le bureau de gestion n’étant pas encore mis en place, l’association a versé la somme de 450 000 FCFA (687 euros). Cette somme correspond au montant que les femmes doivent verser pour obtenir les machines. Ce montant sera pris en charge par les 14 groupements et sera remboursé à l’association. C’est un prêt sans intérêt.

Les femmes ont accueilli ces premières machines avec des applaudissements et une immense joie. Les hommes étaient également très représentés ce jour là et les machines les ont beaucoup intéressés.

Cette plate-forme devrait considérablement aider les femmes dans leur vie de tous les jours. Actuellement le vieux moulin privé du village est en panne et ne sera pas remis en état, elles doivent parcourir des kilomètres pour faire moudre leurs céréales.

Le Chef du Village nous a remercié et à travers nous l’association de CRUAS.

D’autres modules vont suivre : poste à souder, moulin à céréales, chargeur de batteries.

Tout ce matériel est installé par un artisan et un électricien recrutés par TIN-TUA

Tout ce matériel devrait être opérationnel assez rapidement.

Il reste à mettre en place le Comité Féminin de Gestion. Il doit être composé de 6 femmes élues et  choisies dans les 14 groupements féminins du village.

L’association a souhaité que ce comité de gestion prenne le nom de KOKOUMA

La présidente de ce groupement avait été la seule lors de la visite de Mr BONGOUNGOU le responsable du projet à expliquer le fonctionnement de son groupement.

L’élection, la formation et le suivi sont assurés par notre partenaire TIN-TUA pendant 2 ans.

Nous avons rencontré à plusieurs reprises Mr DARGA qui est le responsable local de cette mission. Nous pourrons avec lui suivre l’évolution de cette plate-forme.

OUF !   l’objectif est atteint.

2/     STRUCTURE POLYVALENTE OU «CASE »

La somme prévue pour les deux constructions n’a pas permis de poser la toiture de la case.

La construction est cependant bien avancée.

La partie gauche à l’entrée de la cour fermée est terminée.

Cette partie comporte 3 pièces.

La première pièce, assez petite, est prévue pour faire la cuisine, actuellement elle sert de chambre au gardien. Les 2 autres sont des chambres. Les ouvertures sont équipées de moustiquaires ce qui permet de dormir la fenêtre ouverte et d’avoir un peu de fraîcheur la nuit.

L’électricité a même été prévue, des câbles électriques sont passés et les néons installés.

Dès que la plate-forme fonctionnera la lumière pourra briller.

Un WC et « une douche » sont à quelques mètres dans la cour.

Il n’y a pas d’eau. Nous allons la chercher avec des petits tonneaux et des jerricans au forage de l’école A, situé à environ 200 mètres.

Le manque d’ombre est un vrai problème.

Des cacias sont plantés à l’extérieur de chaque côté de la case, 2 flamboyants entre les chambres et le WC, contre le mur d’enceinte 6 bougainvilliers qui étaient en pleine floraison à notre départ.

La plantation de chaque arbre nécessite un trou de 1 m3. Le terrain sur lequel la case est construite est composé en surface d’une couche de territe de 50 cm sur laquelle rien ne pousse. Chaque trou est rempli de couches de terre et de fumier. A l’extérieur chaque arbre est protégé.par du grillage.

Quant au bâtiment principal une grande pièce et 3 chambres, les murs sont montés, une ceinture est faite au niveau du toit.

Dans chaque chambre « une douche » est prévue, les évacuations sont incorporées dans la dalle. Au nord de la case tout un réseau d’eaux usées est mis en place et un drainage de surface est fait.

Pour les WC une fosse septique est construite et reliée au champ d’épandage.

Tous ces travaux sont effectués afin d’éviter que l’eau ne stagne et permette la prolifération des moustiques.

Pour éviter la casse tous ces tuyaux sont recouverts de béton.

Un gardien prénommé Souleymane est embauché. Pas facile de choisir les candidats sont nombreux.

Ce gardien est indispensable, le véhicule de l’association est garé à l’intérieur de la cour, il faut également éviter toute dégradation.

Son principal travail est l’arrosage des arbres pendant la saison sèche.

Il a également la garde de l’âne et de la charrette de l’association. En contre partie il pourra s’en servir pour ses besoins personnels.

Un contrat est signé avec lui sous couvert du Chef du Village. Le non respect d’une clause entrainera la rupture du contrat.

3/     ECOLES

Pour les 2 écoles.

Avons rencontré le nouvel Inspecteur Primaire son prédécesseur a été muté à OUAGADOUGOU.

C’est un homme jeune, fort sympathique.

Avons également fait la connaissance du nouveau Conseiller Pédagogique.

Le taux de réussite des plantations d’arbres et acceptable. A «  Zidré A » il a été attribué par classe, un certain nombre d’arbres à arroser et entretenir.

Des latrines et lave-mains sont en construction par le Gouvernement.

Nous avons payé la totalité de la scolarité pour les classes de CP 1 et la moitié pour les classes suivantes. Le taux de fréquentation dépasse les 90 %, la moyenne nationale est à un peu plus de 60 %. Plus de filles que de garçons.

Deux aides sont données, une pour aider la cantine endogène, l’autre pour les diverses activités.

Le problème est que les classes sont surchargées, 160 enfants sont rentrés au CP 1 cette année. (80 pour chaque école)

Des stylos sont donnés ainsi que des vêtements pour les enfants les plus défavorisés. Ce sont les enseignants qui ont fait la répartition.

L’école commence vers le 15 septembre. Il s’agit d’abord d’arracher l’herbe autour des écoles. Peu d’enfants, ils sont encore dans les champs avec leurs parents. Ensuite ils doivent aider les enseignants à récolter maïs, arachides et haricots que ceux-ci ont semés pour leurs besoins personnels autour de l’école.

Les cours doivent commencer le 1er octobre mais les enseignants n’ont pas reçu les fiches d’inscription ni les fournitures que le Gouvernement doit fournir.

Cette dotation est faite en fonction du nombre d’enfants présents l’année précédente, elle est donc insuffisante le nombre d’élèves ayant considérablement augmenté à Zidré.

La distribution a lieu le 21 octobre à l’Inspection Primaire en présence des Parents d’Elèves et du Directeur, tout doit être compté. Cette année la distribution aurait pris du retard à cause du Gouvernement qui exige des cahiers aux effigies Burkinabées.

Les enfants ont besoin d’être particulièrement doués et motivés. L’école ne commence réellement que bien après la rentrée officielle.

Beaucoup d’absentéisme, d’abord à cause du palu qui cette année a frappé tout le monde au moins une fois. Ensuite viennent les diarrhées, les récoltes ne sont pas faites les enfants se nourrissent presque exclusivement d’arachides. Puis avec le début de l’hiver et l’harmattan la toux avec fièvre puis les méningites.

Cette année a eu lieu pendant notre séjour une vaccination massive, enfants et adultes, contre la fièvre jaune qui sévit dans un pays voisin.

Les zébus achetés pour les besoins des villageois et qui n’ont jamais été utilisés sont vendus par les membres de l’ancien bureau exécutif. D’un commun accord il est décidé que l’argent de cette vente sera affecté aux écoles.

3/a – Zidré A : 431 élèves

A la demande des enseignants nous faisons réparer des tables-bancs et achetons des boulons pour que les parents d’élèves puissent faire quelques réparations eux-mêmes.

La toiture de l’école la plus ancienne est réparée, il y avait des fuites un peu partout.

Egalement beaucoup de scorpions dans les trous des murs quelques enfants ont été piqués, faisons boucher le maximum de trous.

3 enseignants ont été muté, un homme le plus ancien et les deux femmes dont celle qui avait obtenu les meilleurs résultats de la région. Un poste de directrice lui a été offert, poste qu’elle a refusé la fonction est très difficile.

3 jeunes femmes les remplacent.

L’Assemblée Générale des Parents d’Elèves a lieu le 18 octobre, nous y sommes invités. Beaucoup de monde.

Le bureau des Parents d’Elèves est reconduit ses membres ont suivi une formation l’année dernière. Certains parents d’élèves souhaiteraient se présenter à l’élection du bureau à condition de pouvoir suivre une formation.

Ce n’est pas prévu dans la mission de cette année, à discuter avec le conseil d’Administration de CRUAS.

Cette année l’accent est mis sur l’hygiène avec achat de savon et bouilloire et seau pour se laver les mains.et l’assainissement avec installation de poubelle dans chaque classe.

Le Directeur demande aux parents un effort pour fournir à leurs enfants une lampe à pétrole pour qu’ils puissent travailler le soir et il conclut : « Ce sont nos élèves mais avant tout ce sont vos enfants ».

Habituellement c’est avec un âne et la charrette que les fournitures données par le Gouvernement sont acheminées à Zidré. Les Parents d’Elèves louent âne et charrette et payent la nourriture de celui qui le conduit. Cela prend une grosse journée.car il ya déjà 7 kilomètres pour aller dans le centre de Garango et l’Inspection est encore à 4 ou 5 km de là.

Cette année ils ont profité de notre présence et c’est avec le fourgon que ces fournitures ont été ramenées.

Achat de livres à OUAGA pour la bibliothèque avec une liste fournie par les élèves du secondaire qui sont pratiquement les seuls à utiliser cette bibliothèque.

3/b – Zidré B : 180 élèves

Un local est en construction par les parents d’élèves pour la préparation des repas de la cantine endogène.

L’association a payé tous les matériaux, a fait confectionner les briques. Elle a également payé marmites, seaux, bassines.

2 cantinières ont été recrutées par les Parents d’Elèves.

Du grillage a été acheté pour l’installation d’un jardin d’école.

Un gros problème : le manque de tables-bancs (environ 60 euros l’unité)

En attendant mieux, le Chef du Village a prêté des tables-bancs de fabrication très sommaire qui servent à l’alphabétisation des adultes. Elles sont trop hautes, elles bougent beaucoup les enfants y sont par 3 il leur est difficile d’écrire correctement.

Ce problème a été soulevé devant l’Inspecteur Primaire mais toutes les écoles connaissent le même problème, il ne faut rien espérer.

Cette année les 3 classes que compte cette école sont occupées.

Une nouvelle enseignante a été nommée.

Lors de la construction de cette école en 2005, le Gouvernement avait également fait construire 2 beaux logements qui jusque là n’avaient jamais servis.

Cette année Mr NAMA le Directeur et la nouvelle enseignante recrutée logent sur place.

Ces 2 maisons sont pleines de malfaçons, des gouttières partout. La garantie décennale n’existe pas et l’entrepreneur est en prison.

Le plus inquiétant c’est que le forage fait après ces constructions est à moins de 10 mètres des WC de ces habitations.

4/     PRETS

Au mois de juillet les demandes de prêts avaient été nombreuses aussi l’association avait décidé de plafonner le montant des prêts à 50 000 FCFA (76 euros).

Lors de cette mission nous sommes sollicités pour 3 prêts :

–          Le groupement de femmes YEKOUMA qui depuis longtemps fait le commerce de l’arachide. Elles achètent lorsque les prix sont bas et revendent le produit transformé en pâte ou beignets.

–          Le groupement de femmes HONGOURE qui fait l’élevage de moutons.

15 femmes ont suivi une alphabétisation en langue Bissa, par une association de Garango pour la promotion de la femme. A la fin de leur stage elles ont reçu chacune un petit mouton.

Elles ont formé un groupement mixte dans lequel elles se sont retrouvées 51 femmes et 3 hommes. Le fait que leur groupement porte le mot mixte risque de les empêcher de participer à la gestion de la plate-forme. Elles ont refait leurs statuts et sur le conseil du bureau de l’Agriculture de Garango qui les trouvait beaucoup trop nombreuses ne sont restées que les bénéficiaires des moutons.

Le prêt va leur permettre de payer le vétérinaire quelques médicaments et vaccins.

–          Le 3ème groupement est en cours de formation, il est issu du groupement Hongouré.

Ces femmes veulent faire le commerce de l’arachide, mais rien de très précis pour l’instant. Nous leur avons demandé une lettre de motivation que nous n’avons jamais reçue.

Le prêt n’est pas accordé.

5/     PUITS

Cette année la pluie a été violent et abondante, certains puits se sont effondrés. Quelques puits entourés par l’association n’ont pas résistés non plus.

Le nouveau Bureau Exécutif a souhaité que les puits soient d’abord construits en pierre avant de faire les entourages. Pour ce faire les bénéficiaires doivent fournir les pierres, le sable et le gravier pour bâtir l’intérieur.

Vont être construits ou consolidés :

–          le puits chez le Chef du Village,

–          le puits chez les Peuls,

–          le puits chez « le vieux » du village, YABRE Salam *

–          le puits qui se situe juste derrière la plate-forme à 30 m environ. Le propriétaire YABRE Donzé donne l’autorisation aux personnes qui fréquenteront la plate-forme de prendre de l’eau.

Quelques jours avant notre départ nous apprenons par le Chef des Peuls, que par ignorance, nous avons manqué aux usages. En effet nous ne sommes pas allés saluer « le vieux » qui est la mémoire orale du village. C’est une coutume que nous ignorions.

Dès le lendemain, nous allons saluer ce vieux monsieur. Le surlendemain, il venait par lui-même voir les travaux.

Il nous a vivement remerciés pour toute l’aide apportée au village.

Après bien des péripéties la pompe à corde a été installée et surtout fonctionne très bien, il faut faire un bassin d’écoulement, mais elle ne situe pas sur un lieu de passage.

Un puits est en cours de creusement à la case. Ce puits situé à l’extérieur va être bâti en pierres. C’est le gardien qui avec l’âne et la charrette de l’association va les amener.

Ce puits va servir de référence car beaucoup ignorent les avantages d’un puits fermé et équipé d’une pompe.

Le puits étant fermé plus de pollution atmosphérique, la pompe évite le brassage de l’eau. Les sédiments se déposent au fonds du puits ce qui permet d’améliorer la qualité.

6/     POSTE DE SANTE

Les chauves-souris avaient élu domicile entre la toiture et le faux-plafond. C’était une vraie puanteur.

A la demande de Sophie l’accoucheuse, le plafond pourri a été supprimé. C’est l’association qui a pris  en charge le montant des travaux. Le poste de santé a été repeint avec l’argent du poste de santé.

7/     ASSOCIATION DE JEUNESSE ET D’EDUCATION POPULAIRE

C’est ainsi qu’ils se nomment. Ils sont une soixantaine de la 6ème à la terminale.

Ce sont eux qui utilisent le plus la bibliothèque de l’école. Les enfants du primaire ont à peine le temps de faire quelques devoirs le soir. La nuit tombe très vite.

Ce sont eux qui nous ont donné la liste pour les derniers livres achetés. Des livres d’auteurs africains ainsi que Germinal et Candide qu’ils doivent étudier dans certaines classes.

Ils souhaitaient également des dictionnaires. Personne n’en possède et cela leur manque énormément.

Nous avons pu en acheter 2 à Tenkodogo (Le Petit Robert) Ce n’est pas suffisant. C’est un achat à prévoir lors d’un prochain voyage. Il vaut mieux les acheter sur place, ils sont à jour et c’est lourd à transporter lorsque nous les ramenons de France.

Ils ont également souhaité des ballons, un de foot et un de handball que nous leur avons offert avant de partir.

Ces jeunes ont un mérite extraordinaire. Afin de pouvoir mieux travailler ils mettent en commun leurs connaissances.et se regroupent par classe le soir ou le matin.

Ils se retrouvent à Garango où la mission catholique met à leur disposition un bâtiment rustique mais dans lequel il y a la lumière. Ils quittent Zidré à 5 heures du matin et rentrent très tard.

Leur souhait serait que l’association construise un bâtiment identique qui pourrait être éclairé grâce à la plate-forme.

8/     BUREAU EXECUTIF

C’est avec ce bureau que l’association travaille et met en place les actions au village.

Ce bureau est en place depuis 2005.

Il n’est pas du tout représentatif du village. Il y a jusqu’à 3 personnes de la même famille. Tous ses membres habitent le quartier du centre du village.

Ils sont d’accord pour démissionner mais le temps passe et rien ne se fait.

Nous sommes obligés de donner un ultimatum, nous leur laissons 10 jours pour s’organiser.

Compte tenu du fait que ce bureau travaille avec les membres de l’association, il est souhaité qu’au minimum une personne sur 2 parle et écrive le Français.

Une première réunion a lieu le 15 novembre mais il y a peu de monde et d’un commun accord l’élection est reportée.

Le lundi 17 novembre l’élection a lieu sur la place du marché.

Le bureau en place, par la voix de son président, présente leurs démissions. La démission est acceptée.

Chaque quartier présente ses candidats et à main levée 16 personnes sont élues dont 7 femmes.

C’est ce nouveau bureau exécutif qui aura la responsabilité de la gestion de la banque de céréales, du poste de santé, des forages, sauf ceux des 2 écoles qui eux appartiennent à l’école et sont sous leur responsabilité.

Pour éviter les dérives et cloisonner ce bureau, nous leurs conseillons de mettre en place un règlement intérieur. Nous faisons une ébauche qu’ils doivent étudier, modifier s’ils le souhaitent et voter.

Nous leur demandons de nous en faire parvenir un exemplaire lorsqu’il sera voté.

Nous attendons beaucoup de ce nouveau bureau représentatif du village, composé de personnes assez jeunes et qui semblent avoir la volonté d’avancer.

9/     BANQUE DE CEREALES

 

La gestion est déficiente et les finances en mauvaises positions. Le nouveau bureau a eu beaucoup de mal à se faire remettre le cahier des impayés.

Le nouveau bureau exécutif souhaite pouvoir bénéficier d’une formation. Pour une population qui ne possède rien la gestion est très difficile.

Cette formation est à discuter avec le C.A de Cruas. Pour l’ancien bureau elle n’a strictement servi à rien.

10/   ECOLE DE DANSE

Elle a connu quelques difficultés. Il semble que tout le monde ait envie qu’elle redémarre. Une aide financière leur ait donnée.et un tee-shirt distribué à chaque membre. S’il s’avère que dans l’avenir ce groupe fonctionne bien, il faudra penser à les doter d’une tenue traditionnelle.

11/   CONCLUSION

Mission longue et difficile.

Longue, 3 mois, mais il fallait ce temps pour construire ces deux bâtiments.

Difficile, les raisons sont multiples :

–     Il fait une chaleur orageuse et une moiteur permanente même la nuit et ce jusqu’à fin octobre. A 6 heures du matin il fait déjà 28° à l’ombre.

Avec l’arrivée de l’harmattan c’est l’hiver qui arrive la température baisse et la chaleur est à peu près identique à celle que nous avons ici en été avec des nuits fraiches. Ca va mieux.

–     Le manque d’électricité, la nuit tombe très tôt. Mais c’est surtout de ne pas pouvoir boire un peu frais.

Lorsque nous allons à Garango (mais ce n’est pas tous les jours) nous achetons de la glace à condition que ce soit ouvert, qu’il n’y ait pas eu de panne d’électricité ou qu’il en reste encore …

–     Le paludisme que nous avons eu tous les deux.

–     Le manque de motivation du village difficile à comprendre avec notre logique d’Européen.

Malgré toutes les difficultés que nous avons rencontrées, nous sommes heureux d’avoir pu réaliser cette mission.

L’implantation d’une plate-forme dans le village sera une petite révolution, c’est un travail sur plusieurs années.

Nous avons rencontrés des gens formidables et nous savons que dans le village il y a des gens motivés prêts à s’investir et qui ont envie que les choses changent.

Nous remercions Mr YABRE Moussa habitant de Zidré et conseiller municipal à Garango pour le soutien quasi quotidien qu’il nous a apporté.

Un remerciement particulier à Jacqueline pour l’aide et le soutien qu’elle nous a apportés lors de son séjour à Zidré les trois dernières semaines.

Cette mission n’a pu s’accomplir qu’avec la participation des Membres de l’Association et des Donateurs, nous leurs transmettons les remerciements des habitants de Zidré.

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