Moi, Boukaré, écolier à Zidré (07/04/11)

Bonjour,

Je m’appelle Boukaré, je suis né au village de  Zidré qui est un quartier de la ville de GARANGO au BURKINA FASO.

Il n’y a pas d’électricité et prenons l’eau dans un puits.
Depuis que les blancs de Cruas ont entouré notre puits plus rien ne tombe dedans et l’eau est plus claire mais si la saison des pluies n’a pas été bonne, le puits sèche et il faut aller chercher l’eau très loin au forage.

Les habitants du Burkina sont très très pauvres et nous sommes contents que les gens de Cruas viennent nous aider.

J’ai 14 ans, je suis en CM 1 je suis heureux d’aller à l’école et je travaille bien car mes parents n’ont jamais eu la possibilité d’y aller. Ils ne parlent que le Bissa qui est notre dialecte mais pas le Français qui est pourtant notre langue officielle, et comme tous les documents sont en Français, ils sont toujours obligés de demander de l’aide pour traduire et c’est embêtant

Mes parents sont musulmans comme environ 70 °/o de la population de Zidré mais j’ai beaucoup de camarades Chrétiens.
Nous habitons une concession c’est-à-dire un ensemble de cases où vivent également le frère de mon père avec sa femme et ses enfants et aussi mes grands-parents paternels, les sœurs de mon père sont parties vivre dans la famille de leur mari. C’est mon père qui  a la charge de mes grands-parents car c’est le fils ainé, il doit les nourrir car ils ne peuvent plus travailler

Mon père est cultivateur il a un peu de terrain sur lequel il cultive du sorgho rouge, du maïs,  du mil.et des haricots. Avant il avait du coton mais il se vendait très mal alors il a arrêté.

Il a aussi un petit champ de riz, dans les bas-fonds c’est-à-dire là où l’eau reste un peu.

Il y a quelques années il travaillait la terre avec la daba mais maintenant il a un âne et une charrue et une petite charrette.

Nous avons aussi quelques poulets et moutons. Les plus riches ont des zébus. Les Chrétiens ont des porcs.

Avec mes frères et sœurs nous travaillons sans cesse avec lui surtout au moment de la récolte car il faut tout faire à la main.

Nous cultivons pendant la saison des pluies de juillet à début octobre.

A la récolte il donne à ma mère la quantité qui devrait être nécessaire pour manger jusqu’à la prochaine récolte. Il garde également de quoi pouvoir semer l’année suivante et s’il en reste il vend pour avoir un peu d’argent pour nous faire soigner si nous sommes trop malades et maintenir notre case en état.

Ma mère cultive le champ de mon père le matin puis l’après-midi elle cultive son petit champ d’arachides pour se faire un peu d’argent.
Les arachides sont petites mais très bonnes à Zidré.

Avec ses arachides elle fait de la pate avec laquelle elle confectionne des beignets qu’elle va vendre au marché de Garango à 6 km, elle en fait également griller, on peut aussi en faire de l’huile.
Elle y va à pied au marché de Garango son plat sur la tête et mon petit frère dans le dos, elle a mis ses beaux habits et elle marche très droite, elle est belle mais souvent fatiguée et un peu triste cependant elle sourit tout le temps. Même si l’on a un problème il ne faut pas fatiguer l’étranger ça ne sert à rien de se plaindre.

L’argent qu’elle peut gagner ainsi sert à acheter le savon pour laver le linge, acheter les vêtements, à payer l’école, à acheter quelques condiments pour améliorer le tô, des médicaments, remplacer une marmite ….
Mes parents ont eu 8 enfants mais nous ne sommes que 6, un est mort tout bébé et l’autre a attrapé une méningite plus le palu et il en est mort.

Nous attrapons tous le palu quelquefois plusieurs fois dans l’année, ça rend très malade et nous ne sommes pas très résistant car nous sommes mal nourris, nous manquons de vitamines

Notre base de nourriture est le tô, c’est une farine de mil avec laquelle on fait une bouillie dans laquelle les femmes ajoutent des feuilles de moringa, de baobab ect, elles se servent aussi beaucoup de bouillon cubes pour donner du goût. Nous mangeons aussi du riz.

Nous ne mangeons pas de viande les poulets et les moutons sont vendus lorsqu’il y a un gros problème.

Mon dernier frère Moussa qui a 1 an est nourri par le lait de maman jusqu’à l’âge de 2 ans au moins mais maman  est fatiguée par les travaux des champs et aussi elle est très maigre, son lait n’est pas très bon.

Pour le moment je suis encore jeune alors j’aide ma mère en allant chercher du bois en brousse avec l’âne et la charrette, je fais 10 km mais je ne pars jamais seul toujours avec des copains qui font comme moi.
Je peux aussi aller chercher de l’eau au forage à 1 km lorsque le puits est tari.

Dans quelques années je ne devrais plus faire cela, dans mon ethnie ce sont les filles qui font les corvées et servent les hommes.

La rentrée scolaire. 

Le 26 septembre la rentrée a lieu, nous devons enlever les herbes qui ont poussé pendant la saison des pluies et nettoyer les classes. Tout le monde n’est pas présent tous les jours, les récoltes ne sont pas finies.
La vrai rentrée a lieu le 1er octobre. Je suis au CM1  cette année nous sommes 66 dans ma classe.

Cruas a construit 3 classes et le nombre d’élèves a beaucoup augmenté depuis que Cruas paie

une partie de la scolarité.

Le nombre total d’élèves cette année est de 726.

.On rentre au CP vers 7 ou 8 ans même 9 ans pour les filles

Je veux bien travailler car je voudrais devenir fonctionnaire, policier ou douanier.

Deux autres sœurs Minata et Aliguetou sont aussi en primaire.

Ma sœur ainée Azaratou a 16 ans, elle redouble le CM2. Elle a réussi son certificat d’études mais a échoué l’examen d’entrée en 6ème, il est très difficile car il n’y a pas assez de collège, ils sont plus de 100 en 6ème.

Dans la classe de Azaratou le CM2 ,ils sont 144 élèves cette année

Je ne sais pas si mes parents pourront payer le collège car mon oncle vient de mourir et c’est mon père qui doit s’occuper de sa femme et de ses enfants, il y en a 5 dont 4 en primaire.

Il doit payer pour 8 enfants.

Aller à l’école est pour nous les enfants doublement intéressant car nous avons un repas à midi, c’est souvent le seul de la journée
Un petit local construit par Cruas permet de faire cuire la nourriture souvent du riz avec toujours de l’huile et quelquefois des haricots.
C’est une cantine endogène, ce sont les parents qui fournissent un peu de nourriture, Cruas nous aide également et l’Etat aussi.

Le jour de repos est le jeudi, en période sèche les garçons ne font pas grand-chose mais les filles doivent s’occuper de préparer le repas,  aller chercher l’eau et le bois et s’occuper des petits qu’elles portent sur leur dos.

Une fille travaille tout le temps même les jours d’école. Dès que le jour se lève elle va  chercher l’eau qu’elle transporte dans une bassine sur sa tête et elle doit aussi préparer le repas.
Mais à l’école de Zidré il y autant de filles que de garçons, cependant quelquefois les parents les enlèvent de l’école pour les marier.

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